Fin de Géoportail en septembre 2026.
Les utilisateurs de Géoportail l’ont sans doute remarqué : un message annonce désormais la fermeture prochaine du portail historique de l’IGN.
Après près de vingt ans d’existence, Géoportail laissera définitivement sa place à cartes.gouv.fr le 30 septembre 2026.
Il ne s’agit pas d’un simple changement d’adresse. La nouvelle plateforme rassemble progressivement un nombre croissant de cartes et de données au sein d’un même outil. L’interface est plus moderne, les possibilités plus nombreuses, même si certaines fonctionnalités restent encore en cours de développement.
Parmi les nouveautés figure LiDAR, une technologie dont on voit circuler des images depuis quelques temps sans toujours savoir ce qu’elles représentent réellement.
Le principe est relativement simple. Pendant plusieurs années, des avions ont survolé la France en balayant le sol à l’aide d’un faisceau laser. Les millions de mesures ainsi recueillies permettent de reconstituer très précisément le relief. Cette vaste campagne menée par l’IGN constitue aujourd’hui une base de données d’une richesse exceptionnelle.
Les données complètes permettent des analyses très poussées. Cartes.gouv.fr n’en montre pour l’instant qu’un aperçu, sous la forme d’une représentation du relief directement consultable dans un navigateur. C’est déjà largement suffisant pour découvrir les possibilités offertes par cette technologie.
À première vue, l’intérêt n’est pas toujours évident. Pourtant, après quelques minutes d’exploration, les reliefs commencent à raconter une histoire.
Les vallons apparaissent avec une netteté étonnante. Les anciens chemins deviennent plus lisibles. Les bancelles, parfois difficiles à distinguer sur une photographie aérienne, dessinent tout un paysage façonné par des générations de paysans.
On comprend mieux pourquoi certains chemins suivent un versant plutôt qu’un autre, comment les eaux s’écoulent ou encore comment les hommes ont adapté le terrain à leurs besoins.
Les illustrations montrent le secteur de la Boissière, à Saint-Hippolyte-du-Fort.
Une importante excavation y apparaît très nettement. Sur la photographie aérienne, elle passe pratiquement inaperçue, dissimulée sous le couvert forestier. LiDAR, en revanche, révèle immédiatement cette modification du relief.
Son origine reste naturellement à vérifier sur le terrain. Le secteur ayant connu une activité minière, l’hypothèse d’un ancien ouvrage mérite toutefois d’être examinée.
Cette première observation illustre parfaitement l’intérêt de LiDAR. Il ne remplace ni les cartes, ni les photographies aériennes, ni les visites de terrain. Il les complète en révélant des formes du relief qui seraient autrement très difficiles, voire impossibles, à percevoir.
Il y a quelques mois, j’avais tenté d’aller plus loin en installant les outils permettant d’exploiter les données complètes de LiDAR. Faute d’avoir réussi à faire fonctionner l’ensemble, j’avais finalement abandonné.
L’aperçu désormais proposé par cartes.gouv.fr me donne aujourd’hui très envie de reprendre ces essais.
Si quelques lecteurs maîtrisent déjà ces outils, je serais ravi d’échanger avec eux*. Les conseils des personnes ayant déjà franchi cette étape seraient les bienvenus.
Cette première approche n’est probablement qu’un début. LiDAR ouvre de nouvelles perspectives pour la lecture de nos paysages et promet encore de nombreuses découvertes.
Jeroen van der Goot août 2026
Légendes des illustrations :
A droite : Le secteur de la Boissière vu par LiDAR : une importante excavation apparaît nettement sous le couvert forestier.
A gauche : Le même secteur sur photographie aérienne : l’excavation est pratiquement invisible.
